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Messe de la Vigile Pascale
Retour en photos - Samedi 4 avril 2026

Retour sur la Vigile Pascale, de ce samedi 4 avril 2026, présidée par Mgr François Gourdon, en la cathédrale de Saint-Dié.
23 de nos 77 catéchumènes étaient baptisés en cette célébration du samedi Saint.
Il n'y a pas de messe... jusqu'à la Vigile Pascale, au cœur de la nuit du samedi au dimanche de Pâques. Cette nuit-là est une « veille en l'honneur du Seigneur ».
C’est la plus grande célébration de toute l’année chrétienne, « la nuit de toutes les nuits » : la nuit où l’Église passe des ténèbres à la lumière, où elle célèbre la victoire du Christ sur la mort.
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Crédit photos : Diocèse de Saint-Dié - Gabriel Loisy
Homélie de Mgr François Gourdon :
Cathédrale Saint-Dié
Eglise N-D au Cierge (Épinal)
Solennité de Pâques
Dimanche 5 avril 2026
C’est la Pâque du Seigneur ! Le Christ nous devance dans la traversée de la mort et, par la puissance de son amour, il nous entraine avec lui dans la vie.Alors qu’il fait encore nuit et que le jour commence tout juste à poindre, deux femmes se rendent au tombeau où le corps de Jésus avait été déposé. Et voilà qu’un événement bouleversant se produit : un tremblement de terre au cours duquel l’ange du Seigneur descend du ciel et roule la pierre qui fermait le tombeau. Alors que le jour lève à peine, une lumière vive vint chasser la nuit et une parole est alors adressée aux femmes : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit ». Aujourd’hui encore, cette même parole nous est adressée, à nous qui voulons vivre plus résolument en disciples du Christ. Car, bien souvent, nous revenons vers les tombeaux de nos échecs et de nos souffrances, nous ressassons les événements et les paroles qui ont pu nous blesser, et nous nous laissons enfermer dans une logique de mort qui nous fait oublier la promesse de vie qui nous a été faite lors de notre baptême. « Vous, soyez sans crainte ! » nous est-il exprimé en ce matin de Pâques. Car c’est bien à la lumière du Christ Ressuscité qu’il nous faut relire notre vie. Le Seigneur nous parle à travers les événements et les rencontres que nous vivons ; et, pour y accueillir la parole qu’il nous adresse, il nous éclaire par le témoignage de l’Écriture Sainte et de la Tradition vivante de l’Église.
Les catéchumènes sont d’ailleurs nombreux, avant même de demander le baptême à ouvrir la Bible et ils sont souvent touchés par ce qu’ils y trouvent. Car il y est question de vie et de mort, de commencement et de fin, de souffrances et d’amour. La Bible rend compte de l’expérience croyante d’un peuple en relation avec Dieu ; elle exprime la foi de l’Église, en nous entraînant – si nous y consentons – vers la rencontre avec Jésus-Christ. Or, Jésus est la Parole de Dieu faite chair ; il ne fait donc pas fi de notre réalité humaine quand il veut s’adresser à nous ; au contraire, la foi nous appelle à mener notre vie comme le lieu même où Dieu vient à notre rencontre et où il quémande notre réponse d’amour à son amour. Le Christ nous montre le chemin et nous donne ce dont nous avons besoin pour le suivre. Dans sa vie publique et son message, dans sa passion, sa mort et sa résurrection, il a aimé jusqu’au bout, d’un amour plus fort que la mort.
La fête de Pâques exprime avec force que le mal, la souffrance et la mort n’ont pas le dernier mot ; l’amour triomphe toujours, car il est source et puissance de vie, jusque dans la mort même. Dieu est cet amour qui nous donne la vie ; il est débordement d’amour au point de nous rendre participants, par l’Esprit-Saint, à son œuvre de vie et d’amour. C’est pourquoi la parole va demander aux femmes de l’évangile auxquelles elle s’adresse : « Allez dire (aux) disciples : ‘Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez’ ». « Allez dire »… Le « récepteur » de la Parole est appelé à être « transmetteur » de la Parole.
Il n’est pas demandé aux femmes de convaincre les disciples, mais il leur est demandé de dire ce qu’elles ont entendu et vu. Il leur est demandé d’être témoins de cet événement et de cette rencontre qu’elles ont vécus. C’est un peu comme ce que dira Sainte Bernadette à son curé qui peinait à la croire quand elle lui rapportait ce qu’elle avait vécu à la Grotte de Massabielle à Lourdes : « Je ne suis pas chargée de vous le faire croire, mais je suis chargée de vous le dire ». Il en est de même pour nous. La mission qui nous incombe ne consiste pas à faire du prosélytisme ou à « faire croire » ceux auxquels nous nous adressons. Il s’agit plutôt de témoigner de notre expérience de foi. Il s’agit de rendre compte de ce que nous avons vécu, au plus intime de nous-mêmes, et qui transforme nos vies.
Je suis frappé de lire cela souvent dans les lettres que les catéchumènes et les confirmands m’adressent ; ils me font part de cette expérience de la foi qu’ils ont vécue ou qu’ils vivent et ils me demandent de les aider à mettre des mots pour mieux la comprendre et pour mieux connaître le Seigneur qui s’est adressé à eux. Lorsque je suis amené à rencontrer ces catéchumènes et ces confirmands ou que je suis invité à une rencontre avec des enfants, des jeunes ou des adultes, il est fréquent qu’ils me demandent de raconter mes propres expériences de foi. C’est cela que nous devons cultiver dans notre Église : apprendre à mettre des mots sur ce que nous vivons avec le Seigneur et sur ce qu’il nous donne de vivre avec lui.
Fortes de cette parole qui leur était adressée, les femmes vont aller porter la nouvelle aux disciples. Et, en chemin, le Ressuscité va les rejoindre. Lorsque nous sommes dans une démarche de témoignage, il nous est toujours donné d’aller plus loin encore dans la relation avec le Seigneur. La foi appelle la foi ; comme si le Seigneur attendait notre consentement pour se révéler encore plus à nous et pour nous entraîner encore plus loin dans notre confiance en lui. Lorsque nous nous mettons en mouvement, à partir de ce que nous avons perçu ou commencé à percevoir, nous devenons encore plus disponibles à la présence de Dieu et nous sommes plus disposés à participer à son œuvre d’amour et de salut.
« Vous, soyez sans crainte ! » Allez dire que Jésus, le Crucifié, est ressuscité et qu’il nous précède sur les chemins de la vie. Allez dire que nous ne sommes pas seuls et que nous sommes aimés d’un amour inconditionnel qui ne peut pas nous abandonner dans les épreuves et dans la mort. Allez dire que la violence et la guerre trouvent leur origine dans les tombeaux où nous nous laissons enfermer. Le tombeau ouvert du Christ Ressuscité nous ouvre à la paix véritable : la paix en nous, la paix entre nous.
Amen.+ Mgr François GOURDON,
Évêque de Saint-Dié.












